Ce que disent les loueurs sur les revenus de remplacement

Les conseils publiés par des spécialistes allemands du leasing privé sont directs : l’idéal est un revenu régulier issu d’un contrat à durée indéterminée, et les personnes qui perçoivent des prestations de remplacement comme l’allocation de chômage ou l’aide sociale ont, selon eux, très peu de chances d’obtenir un accord. Un revenu qui couvre à peine le loyer et les dépenses courantes ne constitue pas non plus une base suffisante, et les circonstances de vie sont examinées en plus de la solvabilité.

La logique est financière : un loueur qui reste propriétaire d’un véhicule dont la valeur baisse chaque mois ne peut pas fonder son risque sur un revenu qui diminuera ou s’arrêtera. Même si une allocation est versée avec régularité, sa durée limitée et son niveau rendent difficile un engagement de trois à cinq ans.

Il en va de même dans la plupart des pays. Aucun loueur légitime ne garantit un accord à un demandeur d’emploi, et la possibilité d’un accord dépend de la présence d’un autre revenu stable dans le foyer, d’une épargne conséquente ou d’un garant solide. Sans ces éléments, il est plus utile de passer directement aux alternatives décrites plus bas.

Les situations où le dossier peut quand même être examiné

Trois cas permettent d’imaginer un examen sérieux du dossier :

Dans chaque cas, le loueur demandera des pièces précises : pièce d’identité, bulletins de salaire récents, et, pour un étranger sans carte d’identité locale, un titre de séjour avec attestation d’enregistrement du domicile, comme l’indiquent les guides allemands déjà cités. Un demandeur d’emploi qui n’a ni de bulletin ni de revenu du foyer ne peut pas alimenter cette liste de pièces. Mieux vaut le reconnaître que forcer un dossier.

Le piège du garant : engagement réel, pas formalité

Quand un tiers accepte de se porter garant, il signe un contrat de caution. Il répond alors de la dette si le locataire ne paie plus, et le loueur peut se retourner contre lui pour le solde. Si le garant habite à l'étranger, la loi applicable et le tribunal compétent peuvent varier. Les points à clarifier avant de signer :

  1. montant maximal garanti et durée de l’engagement ;
  2. obligation d’être informé de tout incident de paiement ;
  3. sort de la caution en cas de résiliation anticipée ou de reprise du véhicule ;
  4. droit applicable et lieu du litige.

Un proche qui se porte garant pour un demandeur d’emploi prend un risque réel et durable. Il est préférable de présenter l’engagement par écrit et d’en parler avec un conseiller juridique avant de signer. Une caution signée par pression familiale est l’une des sources de conflit les plus fréquentes.

Les offres qui ciblent les personnes sans emploi

Les mots « chômeur », « sans emploi », « RSA » ou « allocataire » associés à « leasing garanti » désignent presque toujours des offres à examiner de près. Les mécanismes les plus fréquents sont :

Le Centre Européen des Consommateurs France met lui-même en garde contre l’usurpation de son nom et de son logo par des escrocs, signe que les faux sites d’organismes connus sont courants. Avant de transmettre quoi que ce soit, il faut contrôler l’identité de la société sur le registre officiel du pays concerné, puis joindre le loueur par les coordonnées de son propre site. ABE Infoservice permet de vérifier si un professionnel est autorisé en France.

Alternatives crédibles pendant la recherche d’emploi

OptionAvantageLimite
Voiture d’occasion payée comptantAucune mensualité, aucun risque de résiliationNécessite une épargne
Location courte durée au besoinCoût limité aux jours d’usagePrix élevé si l’usage est quotidien
Covoiturage, autopartage, transportsPas d’engagementMoins de flexibilité
Aide à la mobilité d’un organisme localPeut financer une partie du coût d’un véhicule pour reprendre un emploiConditions variables, à vérifier localement

Les aides à la mobilité pour la reprise d’emploi relèvent des organismes locaux de l’emploi et des collectivités. Leurs conditions varient et changent ; il faut les demander directement à l’organisme concerné plutôt que de s’appuyer sur une liste générale. Si un emploi à l’étranger est la raison même du besoin de véhicule, l’employeur peut parfois fournir un véhicule de fonction ou participer aux frais, ce qui supprime la question du leasing individuel.

Si une offre existe malgré tout : lire ces clauses d’abord

Dans le cas d’un dossier qui obtient un accord, la lecture du contrat doit se concentrer sur cinq points : le montant total dû sur la durée, l’indemnité de résiliation anticipée, les cas où le loueur peut résilier (impayé, perte d’assurance, changement de résidence), l’obligation d’assurance tous risques et l’état de restitution. Le loueur Cembra, par exemple, précise sur son site que les mensualités restent fixes pendant la durée du contrat, sauf variation du taux de TVA, et propose une assurance facultative des mensualités ; la couverture de ce type de produit en cas de perte d’emploi dépend de ses conditions générales, qu’il faut lire, car l’exclusion des personnes déjà sans emploi à la souscription est fréquente dans l’assurance de crédit. Cette remarque est une mise en garde générale, non un constat sur ce produit en particulier : il faut demander le texte des garanties avant de compter dessus.

Dernier réflexe : garder une copie de tous les échanges, car en cas de litige avec un professionnel d’un autre pays européen, ces pièces sont celles qui permettent au Centre Européen des Consommateurs d’instruire un dossier.

Organismes de financement à connaître

Cembra Money Bank

Établissement de crédit et de leasing (Suisse)

Cembra publie un espace client dédié au leasing pour les particuliers et propose du leasing automobile en Suisse sur 12 à 61 mois, avec une assurance facultative des mensualités. Le contrat suppose une solvabilité attestée localement. Un demandeur d’emploi doit s’attendre à devoir justifier de revenus ou d’un garant ; les conditions pour un non-résident sont à demander directement.

Ayvens (véhicules d’occasion)

Loueur de véhicules en location longue durée

Ayvens présente sur un site dédié des véhicules d’occasion en location longue durée en France. L’entreprise travaille avec des particuliers et des professionnels selon les pays. Pour une personne sans emploi, l’accès dépendra de la politique d’acceptation du loueur ; la question des revenus de remplacement et des garants doit être posée par écrit avant tout dépôt de dossier.

Questions fréquentes

Un demandeur d’emploi peut-il obtenir un leasing à l’étranger ?

C’est rare. Les guides allemands sur le leasing privé indiquent que les bénéficiaires de prestations de remplacement ont très peu de chances. Un revenu de foyer, une promesse d’embauche écrite ou un garant solide peuvent modifier l’analyse, sans garantie.

Les allocations comptent-elles comme revenus pour un loueur ?

Elles peuvent figurer au dossier, mais un revenu qui couvre à peine le logement et la vie courante n’est pas jugé suffisant, et leur durée limitée pose problème pour un engagement pluriannuel.

Un proche peut-il se porter garant depuis un autre pays ?

C’est parfois accepté, mais le garant s’engage par une caution qui peut être appelée en cas d’impayé. Le droit applicable et le tribunal compétent doivent être précisés avant signature.

Que faire si un intermédiaire demande un paiement avant d’avoir le contrat ?

Interrompre la démarche et ne rien verser. Contrôler l’identité de la société, vérifier les listes noires d’ABE Infoservice et, en cas de paiement déjà effectué, conserver les preuves et contacter sa banque.

Une assurance perte d’emploi couvre-t-elle un leasing souscrit sans emploi ?

Très rarement. Les assurances de crédit excluent souvent les situations existantes à la souscription. Il faut demander le texte complet des garanties avant de compter dessus.

Pour aller plus loin : organismes et ressources